Nous avons vécu une superbe édition du Tour du Rutor cette année avec ces 3 jours de grand soleil. Cette course a comme particularité la haute altitude en plus des parcours très alpins et techniques, c’est ce qui la rend encore plus difficile mais c’est aussi ce qui fait sa beauté. C’est grâce à l’existence de ces courses mythiques que le ski alpinisme garde son âme.

Le tour s’est déroulé sur 3 jours avec une première étape de 2700 m. puis 2000 m. le 2ème jour et 2400 m. le 3ème et dernier jour, soit un total de 7100 m. de dénivelés positifs. A cela, il faut ajouter 2 ascensions à plus de 3400 m. d’altitude (à la tête du Rutor le 1er jour et au grand château lors de la dernière étape), sans oublier les multiples arêtes et longs portages à pied, ainsi que les longues descentes; vraiment de quoi laisser quelques plumes.

J’ai couru sur cette édition avec mon ami Steven Girard. Nous sommes allés là-bas dans le but d’effectuer un gros volume de course en vue notamment de la patrouille des glaciers. Durant les 3 jours de courses, nous étions réguliers puisque nous terminons 19ème sur les 3 étapes. Bien entendu, par rapport à notre niveau, nous pouvions viser un peu mieux mais nous avons dû faire avec les moyens du bord. En effet, j’ai couru les 3 jours avec une santé diminuée à cause de problèmes de souffle, un souci que j’ai découvert dès le début de la 1ère étape. C’est vraiment inhabituel, je n’ai jamais connu ça auparavant et j’ai du faire avec et gérer ça au mieux au fil des jours. Cette compétition a été de bout en bout extrêmement difficile pour moi mais jamais il n’a été question de lâcher. J’ai cravaché les 3 jours et puisé au fond de moi pour maintenir notre rang et terminer ce tour dans le top 20. Dans ces conditions, on peut être fier de notre résultat. Il faut accepter que parfois la machine fonctionne un peu moins bien et savoir rentrer avec la satisfaction d’avoir tout donné. Il y a toujours du positif à prendre même dans la douleur. Merci à Steven qui m’a encouragé chaque jour. C’est la magie des courses d’équipes: on croche et on se dépasse aussi pour l’autre. Entre nous, le respect est immense et c’est ce qui fait que souvent ça fonctionne. Un plaisir de courir avec toi une fois de plus. Maintenant il s’agit de bien se reposer avant les 2 dernières échéances de la saison.